semaine 40, destination Rome

5 10 2008

lundi 29 septembre:

Ce fut un week end éclair, pas le temps de faire grand chose puisqu’à 3 h Dédé est déjà en marche. J’ai pris un abonnement chez le transporteur de Beauvais, on y retourne. Le brouillard est de la partie à 20 km de la maison, m’obligeant à lever le pied régulièrement, on ne peut pas se permettre de folie. Ca bouche dur en région parisienne, à cause de la purée de pois plus qu’ épaisse sur Roissy. J’ai bien fait de partir tôt, cela me permet de ne pas être trop en retard à Beauvais. Le très sympathique cariste ne bronche pas à sortir quelques grosses caisses qui ne lui sont pas destinées, puis à les remettre en place. Je discute très longuement avec une collègue qui attend la place, ce genre d’ échange est toujours sympa.
Midi, en route pour Amiens, il n’y a qu’une soixantaine de km, cela me permet de souffler une demi heure au calme. Mon petit Greg m’ appelle, il aurait du m’ accompagner cette semaine mais des événements imprévus l’ont empêché de venir. Je devais le prendre à la descente mais les choses se compliquant le projet est remis à plus tard.
Sur Amiens les choses se corsent: mon point de livraison est proche du centre ville dans une rue à sens unique. Par prudence je tire les freins dans la grande artère la plus proche et pars voir à pied. Le client me montre les différents accés possibles, mais tous sont bien trop étroits. Ce sont surtout les files de voitures en stationnement de chaque coté des rues qui ne m’inspirent pas. De plus le client n’a aucun engin pour descendre ces caisses de la remorque, ça va être compliqué. Au final il explique lui même la situation à mon responsable, qui me dit de lever le camp au plus tôt, il est assaillit de coups de fils car je suis mal garée, sans doute le grincheux du quartier. Je retrouve mon Dédé qui tape du pied en m’ attendant, on s’ arrache en vitesse. Sans attendre on me communique l’ adresse d’un transporteur pour y déposer mes caisses.
15 h, direction Béthune, ça va être serré coté heures de conduite à cause des bouchons du matin, mais je n’ai pas trop le choix. Je suis de plus en plus décue que Greg ne soit pas là: je charge pour le nord de Rome, c’est vraiment dommage. A l’ acierie je charge sans trop attendre, et c’est tant mieux car je faiblit. 19 h, parking, casse croute et ZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzmardi 30 septembre:

Je me prépare pour 8 h, mais le boulot étant calme je n’ obtiens mon complément qu’à 11 h passée. Pour commencer je dois prendre une palette à une trentaine de km, mais ne pouvant y être avant midi l’ affaire est annulée pour moi et je roule vers Boulogne sur Mer. Cela m’arrange, je n’aurai pas à repasser au dépôt et perdre du temps. C’est avec joie que j’ emprunte la route de St Omer à Boulogne, celle qui mène au port, que de bons souvenirs. D’ ailleurs le mardi c’est jour de départ de poisson vers l’ Italie, je croise les affrêtés avec qui je chargeais jadis. Je déboule avant 14 h dans un petit village de la côte, et charge sans attente mon lot. Le client est presque navré de me faire ouvrir les deux cotés de la remorque, s’il savait, je suis maintenant rodée à l’exercice. 14 h 30, ne reste plus qu’à faire tourner les roues, 1600 km à vue de nez. Après le vent, la pluie fait son apparition, rien de miraculeux dans le secteur. C’est même ainsi que la région est la plus belle. Je rejoins Amiens par les nationales, puis l’ A1 au nord de Paris. Ca freine toujours et encore sur le contournement, j’y trouve de justesse une place sur une aire pour ma coupure. Il fait nuit de plus en plus tôt, beurk. Je continue via Auxerre, prends un café en vitesse puis termine sur Avallon vers 23 h 30. A ma grande surprise les parkings ne sont qu’à moitié remplit à cette heure. Belle démonstration de la baisse de travail. Dédé affiche fièrement 14000 km pour le mois quand même!

mercredi 1er octobre:

Il ne faut pas trainer, autoroute jusqu’à Chalon, un bol de café pour moi, un seau de gasoil pour Dédé pour tenir le coup jusqu’aux Alpes. Mon ami Michel me tient au téléphone tout du long ou presque, il y a dix ans nous passions nos permis ensemble, cela ne nous rajeunit pas! Je mange à Chambéry, vide un lot au pied du Fréjus en 20 minutes, et on prend le large en Italie. Dans la descente je prends le temps d’une douche, c’est gratuit mais limite niveau propreté. Sur Turin mon chef me suggère de passer par la côte, ma fois, pourquoi pas. Donc à Alexandria je bifurque sur Gênes, par l’ A 7. Je ne l’avais prise qu’une fois à la descente, je la savais tortueuse mais pas à ce point! sur une trentaine de km les virages se prenne à 40/50, au dela c’est la culbute, attention aux chargements mal arrimés! Je désespère tout de même en calculant mes heures, les parking ne sont pas légions dans le coin, il va falloir dépasser d’un petit quart d’heure. Alors que je m’allonge confortablement ça tambourrine à la portière… pas d’affolement, je laisse faire sans broncher. Habituellement pourtant ils me foutent la paix!

jeudi 2 octobre:

En route avant 6 h, tout schuss droit devant en directon de Rome. Bien évidemment je ne fais pas l’impasse sur mon capuccino brioche alla marmellata en cours de route. Je file sur la via Aurelia, qui est le prolongement de l’autoroute. C’est une 4 voies étroite et défoncée par endroit, mais qui roule pas mal. Je bifurque à une soixantaine de km avant Rome par une route de seconde catégorie pour rejoindre Viterbio dans les terres. Le chemin est plutôt de 3 ème catégorie, mais j’en prends plein les yeux. Ca grimpe sec au milieu d’un décor très vallonné désert, tout y est de couleur jaune. Puis je longe ce qui doit être un aqueduc romain en parfaite état. La carte signale des vestiges un peu partout. Puis les collines se recouvrent de champs d’ oliviers à perte de vue. Derrière se dresse les volcans, une pure merveille. Une fois bien avancée mes poils s’irrissent soudainement devant un panneau: hauteur limitée 3m80 à 500 m. Pas le choix que d’aller me planter devant la chose: ce n’est pas un pont, mais un porche pour rentrer dans un village. C’est aussi peu large que haut, faut viser juste, le toit passe à ras. Puis c’est la descente, je calcule que je ne devrai pas tarder à trouver une 4 voies. Celle ci n’ étant pas terminée il faut encore passer dans un village médiéval, de toute beauté, mais la route y est tortueuse et délabrée. Retrouvée la grande route, je profite d’une des nombreuses stations pour casser la croute en vitesse. Je rejoinds Terni, qui est mon terminus. Mais ma sortie est signalée fermée, il me faut m’ engager à l’heure de pointe sur les avenues de la ville. Je trouve ma rue après avoir déjouer les pièges du gps, mais pas mon client. Je suis un instant mal à l’aise en m’engouffrant dans des rues de plus en plus étroites au milieu des scooters complètement inconscients. Puis j’ apperçois enfin mon enseigne, vais me planter devant le portail. Le gardien m’indique que ce n’est pas là, il faut faire le tour du quartier dans les interdictions pl, j’ai loupé le chemin d’ accés à mon adresse. En effet en repassant je trouve grâce aux indications, ça ressemble à tout sauf à une usine. Une fois dans le chemin je cherche le portail d’entrée, et je me trompe et me retrouve chez le voisin. Ca me gonfle! Alors que je fais un savant demi tour un gars vient à mes devants, il y a moindre mal car les cours communiquent. On me débarrasse sans attendre de mes 22 tonnes, 20 minutes montre en main. Je me marre en pensant aux 48 h de route pour aussi peu de temps sur place… car je remonte aussi sec, par la route de Pérugia/Cesena cette fois. Ca va finir par devenir une routine! Je fais ma pose dans une minuscule station service, qui est néanmoins pourvue d’un bar. Je commande mon café avec mon superbe accent bourguignon, la patronne me demande d’ou je viens « sono franscese », « moi aussi » qu’elle me répond. Et nous bavardons 10 minutes. Dorénavant je m’arrêterai ici, si je repasse évidemment! Je termine à une heure de Cesena avec 9 h de route bien tassées. j’en ai franchement plein le dos, pas le courage de poursuivre plus en avant. Il est 17h. STOOOOOOP!!!vendredi 3 octobre:

C’est vendredi, jour de ferraille pour moi. Il me faut partir avant 6 h pour rejoindre Modena avec la halte petit déjeuner de circonstance. Mon chargement étant prévu en fin de matinée, on me charge à 11 h et à midi et demi je prends la direction de la maison, avec un crochet sur Turin pour prendre quelques palettes chez un transpoteur. Cela ne me détourne même pas car c’est en bordure de tangenziale. Je grimpe aussi vite que je le peux au tunnel, 20 h je m’installe à la première station française. Seulement une dizaine de camions, 2 français, c’est le déclin…


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