Semaine 37: 3520km de bonheur

13 09 2008

lundi 08 septembre:

Les vacances sont belles et bien terminées cette fois, c’est à dire qu’on attaque les choses sérieuses: debout à 2 h du mat’ pour quitter la maison à 3h et retrouver Dédé (j’ai pas trouvé mieux comme surnom). Mon sac d’ habits et ma caisse de vivres et bricoles grimpées à bord, je démarre à 3 h 30.

Dédé se réveille tranquille le temps de traverser la petite ville, une fois sur la nationale j’ accélère en douceur. Au pied de la mythique côte de La Rochepot il a presque atteint sa température de croisière, nous montons sans mal, je sens à peine les 18 tonnes de charge. La fraiche nuit me fait mettre le chauffage, comme dans tout véhicule neuf je prends une bonne bouffée d’ odeur de plastique via la soufflerie.

Avallon, A6, puis Dédé découvre l’aire d’Auxerre et moi je file boire un café. 3 mots avec la serveuse habituelle qui s’ étonne du peu de passage cette nuit, en effet même le parking poids lourd est vide. Ca sent les longues nuits d’ hiver.

N6 jusqu’à Sens pour récupérer l’A5 et le grand contournement est de Paris. Repause réglementaire, la circulation se densifie et est ralentie alors que je n’ai pas trop de temps à perdre. Désespoir de voir la pendule qui tourne, mon chef est avertit du retard et que je ne pourrais pas livrer mes 2 clients avant midi. La honte française: 1 h 15 de bouchon à cause… d’un simple camion en panne sur la bande d’arrêt d’urgence! Cette dernière est tellement peu large que ça ne passe que sur une seule voie. Elle est belle notre capitale et ses autoroutes modernes.

Bref, il est 10 h lorsque je me mets à quai, il y a plus de colis en vrac à vider que je ne pensais, cela occupe le cariste un bon moment. Evidemment il est trop tard pour livrer plus à l’est avant midi, j’y vais donc tranquille et j’ai le temps de faire le pique nique en attendant l’ouverture.

Mes palettes rapidement tirées au cul de la remorque, je ne serai pas en retard pour recharger au sud de Paris. 16 h cela est chose faite à la satisfaction générale. Il me reste 1 h 45 de conduite à faire en direction du nord. La remontée par la Francilienne se passe bien, j’ échoue à l’aire de Ressons à 18 h 15.

mardi 09 septembre:

 5 h 15 on continue vers le nord via la nationale 17 , tout va dans le meilleur des mondes par seulement 10 degrés. En route je prends mon petit dèj dans un troquet qui ouvre de bonne heure, ça discute impots, retraites, et tout ce qui va avec. A 6 h devant le grand crème, faut être passionné. Moi je regarde plutôt le jour se lever, il va enfin faire beau et ça fait du bien.

Peu avant 8 h je pointe à la plateforme de grande distribution pour vider. De bonne humeur je ne fais même pas la grimace au transpalette que l’on me tend en arrivant sur le quai. 9 h, je quitte les lieux vers Valenciennes, je tombe le pull en route. Ma ramasse faite en vitesse je vais au dépôt de ma société pour changer de remorque et charger mon groupage pour la descente.

13 h 30 je décolle, ce qui est tôt comparer à d’autre fois. Mais il faudra bien ça: nous partons pour le centre de l’Italie avec un crochet par Grenoble, soit un périple d’environ 1600 km. Je fais ma première pause traditionnelle de 15′ après St Quentin, histoire de boire le café. J’occupe les 30′ restantes à prendre une bonne douche avant Reims. En milieu d’ après midi il n’y a personne, ce qui est appréciable. Je ne chôme pas à dévaler sur Vitry, St Dizier et Chaumont, en prévision de dormir sur Dijon. En route je croise mon ami Nono qui monte, appels de phare et coup de trompe sont de circonstance.

A brides abattues j’ atterris sur Is sur Tille vers 20 h. J’imprime un ticket par curiosité, j’ai pas loin d’une demi heure de conduite en trop, faisant de moi une hors la loi. En détail ce sont tout les temps de manoeuvre, 1 minute à droite, 2 minutes à gauche, qui justifient ce dépassement. Avec un bon vieux disque c’était bon, vive le modernisme.

Mon ami Greg vient passer la soirée vers moi, la nouvelle cabine l’impressionne, de quoi le faire piaffer un peu plus dans l’attente de pouvoir prendre le large à son tour… Minuit, il est temps d’aller au dodo, mais un truc m’angoisse: je ne retrouve plus mes clefs de réservoirs, je retourne tout les coffres au grand désespoir de ne rien trouver. Je suis mal, très mal.

mercredi 10 septembre:

C’est après une bien courte nuit qu’il faut continuer à descendre. A 6 h je retrouve mon parking du week end, et après avoir fouiller la voiture à la recherche de mes clefs, je prends la décision de filer à la maison vérifier là bas. En démarrant ça me vient: dans mon coffre à sangles! effectivement elles y sont, tout bonnement pleines de gazoil je ne voulais pas les laisser dans la cabine. Pour fêter ça je prends quand même la voiture pour aller déjeuner en ville, sans trop traîner tout de même.

A Chalon je peux donc faire mes pleins, cette fois l’adblue se remplit presque bien, en forçant un peu le pistolet dans le réservoir. Il y a un système magnétique à l’intérieur pour que ça marche. Ce produit serait donc si dangereux?? Je continue sur Lyon, ou ça bouche. J’ai pitié pour ceux qui s’ empilent sans réfléchir sur la file de droite alors que je ne donne aucun coup de frein à gauche, le tout étant de garder une bonne distance de sécurité.

J’ arrive jusqu’à l’ entrée de Grenoble pour finir ma coupure, puis vais visiter mon premier client, puis le second qui n’est pas loin juste avant midi. Le troisième est à une vingtaine de kilomètres, la réception fermant à 15 h j’en déduis que cela reste ouvert à midi: bingo! à 13 h le tour est joué. Me reste plus qu’à filer de l’autre coté de la montagne, en Italie, via le Fréjus. Je complète mon carburant avant la frontière, au tunnel ça bouchonne pas mal me faisant perdre du temps sur le « disque », à force d’avancer en accordéon.

Au moment de passer la guitoune de péage je laisse passer un camion venant de ma droite, arrive à gauche une voiture italienne à vive allure qui tente de griller la file alors je suis en train de démarrer. Tout debout sur les freins on a évité le choc de peu. L’italien m’injurie, de colère je lui réponds sur le même ton et ne lui cède pas la place. L’autre sort de sa voiture, gueule qu’il me retrouvera à la sortie et qu’on réglera ça « entre hommes » (sic). Une fois dans le tunnel je m’aperçois que j’ai été la dernière à passer avant le convoi de matières dangereuses: l’italien est donc loin derrière. Sitôt la sortie je prends le parking pour faire ma seconde pause, me planquant tant bien que mal derrière une citerne et un frigo. J’ attends en remplissant des paperasses; l’ abrutit arrive, ralentit, cherche, quand il me voit il lui est trop tard pour entrer sur le parking, j’ai droit à un doigt d’ honneur et il file. Ouf! Après un bon café qui colle bien à la tasse je poursuis sur Turin.

Je ne tire que jusqu’à Asti, j’aurai espérer aller 50 km plus loin, tant pis. Il est presque 19 h. Demain une fois vide il ne me restera pas beaucoup de temps à conduire, retour samedi à la maison assuré. Mais on verra bien, demain sera un autre jour.

jeudi 11 septembre:

4 h 15, c’est dur mais il faut y aller. A cette heure l’autoroute m’appartient, tant mieux car j’ai un peu de mal à tenir la barre. Avant Piacenza je déguste en vitesse mon traditionnel capuccino brioche, rien de tel pour me réveiller. Puis le flot de circulation se fait plus dense, il faut ouvrir les yeux dans tout les rétros. Bologne passe pas trop mal vu l’heure. Juste à ma sortie, Cesena, je fais ma pause, déjà plus de 4 h que je roule.

Puis c’est la voie rapide mais défoncée en direction de Rome. Merci Dédé d’avoir de bonnes suspensions pour soulager mon pauvre dos. Les travaux de réfection avancent pour de bon, c’est de moins en moins pire. Je ne fais qu’un trés court arrêt pipi avant Perugia, mes calculs étaient bons: je serai chez mon client en 7 h de volant, 6 h 50 exactement en me garant devant le portail. Evidemment il est midi et il faut attendre la reprise, au moins j’ai le temps de manger en toute tranquilité.

Il fait trés chaud, lourd et orageux, je transpire juste à ouvrir le toit de la remorque, il n’y pourtant rien de plus simple. 15 h 30 je m’installe dans une station service à l’entrée de Perugia en attente de mes ordres. A priori le boulot n’est pas violent, il faudra prendre son mal en patience. J’ai la bonne idée de vouloir aller à la douche, manque de bol celle ci est hors service, il n’y a pas qu’en France que ce genre service laisse à désirer. Je peste de rage car il n’y a pas un poil d’ombre sur le parking, le thermomètre indique 38 degrés. Je me débarbouille néanmoins avec un bidon d’eau, pas question de rester dans cet état.

17 h 30, téléphone: chargement demain sur Siene. Un oeil à la carte, il y a environ 150 km, il me reste 1 h 30 à faire, je vais avancer un bon bout. La 4 voies en direction de l’ouest n’est pas meilleure que celle du nord, surtout à vide; je danse la valse et les planches alu de la remorque font un bruit de conserve incroyable. En coupant à travers je pensais avoir 30 km de route de montagne, je suis ravie de découvrir le prolongement de la voie rapide jusqu’ à Sienne. Le paysage de la Toscane est encore plus magnifique que dans mes souvenirs, ce n’est que du bonheur d’avoir un tel terrain de jeu. J’ établis le campement pour la nuit dans une petite station à 19 h. A moi la bonne nuit car je suis naze, demain va encore être une journée à couteaux tirés.

vendredi 12 septembre:

Aprés ce repos trés récupérateur, je pars avec mon petit déjeuner favori (capuccino-brioche) dans le ventre à 7 h. Je suis bien avant 8 h dans la petite zone industrielle, merci GPS de m’ avoir dégoté l’ adresse sinon je tournerai encore. Dans le fond d’une impasse, un vieu portail sans nom donnant sur une cour abandonnée. Ce sont les voisins qui m’ assurent que c’est bien là et que ça n’ouvre qu’ à 8 h 30. Peu de temps derrière moi un napolitain arrive, tout aussi sceptique que moi devant le portail. En attendant la discution s’engage, mi italien mi français. Pendant le chargement de ma remorque il me donne un coup de main au calage dans la bonne humeur. En l’absence de machine dans l’entreprise il prépare le vrai café avec la petite cafetière qui va sur le réchaud, un truc à vous foutre le feu. Le cariste se joint à nous, ce sont ces courts moments improvisés qui donnent du courage. Plus tard arrivera un chauffeur allemand, qui gueule à peine passé le portail, nous faisons mine de l’ignorer.

10 h, remorque refermée, il faut penser à remonter! Mon chef me conseille de passer « par la cote », bête et disciplinée je prends cet itinéraire. A peu de chose prêt cela revient au même, le seul intérêt étant d’ éviter les bouchons dans la montée des Appenins. Et puis ça ne me déplait pas, une éternité que je ne suis pas passée par ici! De Florence à Lucca j’ admire les pépinières d’ arbres qui bordent sur des km l’autoroute, puis de La Spezia à Gêne en aperçoit la mer par endroit. Je remonte sur Alessandria par le Turchino: de la montagne à perte de vue, ça tire dur, mais Dédé est courageux. Je fais ma coupure sur la grande autoroute de Turin, c’est là que mon collègue M m’ appelle pour prendre des news, nous devons échanger nos remorques. Lui file au Mont Blanc, moi au Fréjus, rendez vous demain de l’autre coté des Alpes. J’arrive à tirer jusqu’à la pompe coté français, il y a un parking pour la nuit juste à coté.

Je calcule ma conso: 34,5 l/100 km sur cette boucle de 1500 km avec pas mal de montagne, « pied dedans » tout du long, j’ estime que c’est tout à fait honorable…

20 h, une soupe et au lit!

samedi 13 septembre:

5 h nous partons, Dédé et moi, sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller le parking endormi. La pluie fait vite sont arrivée, quelle tristesse! Court arrêt à 7 h l’entrée de Lyon pour prendre le frais, retirer de l’argent de poche et prendre un café au bar. Là encore tout le parking est plongé dans le silence, ça sent l’ hiver. 8 h 45 mon collègue me fait signe qu’il démarre de Bourg, je l’attendrai à Chalon. A la station je décroche tranquillement et fait mon plein d’ additif. Le chauffeur d’un camion belge vient tailler la bavette, bien sympathique, en fait il est du coin et termine également sa semaine sans stress. Mon collègue arrive, rebavardage autour de nos tracteurs neufs, on échange des trucs et astuces. Je finis par arriver au parking à 11h.

Grosse semaine, 3520km parcourus. Fatiguée mais heureuse…


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