semaine 41: on reste dans le nord, de l’Italie.

11102008

lundi 6 octobre:

Le week end étant lui aussi chronométré, je démarre dés que possible, à 6h45. La route ne change pas, j’ai réellement pris un abonnement chez mon transporteur à Beauvais. Cette fois ci je fais un petit crochet par le nord de Compiègne poser un petit lot, c’est du vite fait. 15 h j’arrive à Beauvais, il y a deux camions devant moi et seulement un quai, il faut patienter. Les autres chauffeurs ne cherchent pas la discute, tant pis, j’ attends sagement.

Libérée vers 18 h on me donne la suite du programme pour demain. Pas d’ affolement je charge dans la rue voisine, moins d’un kilomètre. Je cherche tout de même mon enseigne, car le nom n’est pas en gros, il faut avoir le nez fin pour débusquer la bonne adresse (seulement une étiquette sur une boite aux lettres…) 18 h 45 je m’installe pour la nuit. Quelle journée!! 


mardi 7 octobre:

A 8 h je suis à quai pour prendre la route, chargée, une demi heure plus tard, avec mes belles plaques oranges que je n’ai pas utilisé depuis un moment. Direction l’extrème nord, Dunkerque. A travers les nationales, il me faut tout de même compter sur mes 4 h 30 non stop pour parvenir au bout, d’autant plus que je fais plusieurs file tour de la petite zone pour trouver le batiment: un truc tout taggué sans nom, que j’ai pris pour un dépôt à l’abandon. J’ attends 14 h sagement pour vider ma cargaison.

Sous la pluie je vais prendre une énorme bobine à l’ acierie du coin, pour l’ emmener sur Douai, ou je prends une remorque vide que m’ amène un collègue: je retourne avec à Dunkerque, prendre une autre bobine. Il pleut toujours, la nuit arrive vite, seule consolation il n’y a aucune attente dans l’usine et tout le monde est bien aimable. Comme je dois terminer mes 30 minutes de coupure à la sortie, je décide de profiter de la douche, malheureusement les sanitaires sont hs, comme d’ hab. J’ arrive à descendre jusqu’à une quinzaine de km du dépoôt avec mes heures restantes. 22 h 45, il pleut j’ai froid et je suis fatiguée d’avoir tourner en rond.


mercredi 8 octobre

Passage au bureau changer de remorque pour charger un lot à une petite demi heure de là. L’usine est d’ époque 1950, au centre d’un village. J’aime bien ce genre d’endroit même s’il n’est pas toujours facile d’y manoeuvrer. Je dois attendre un peu car il manque des papiers. Je visite les sanitaires qui sont d’origine, il y a même de beaux spécimen d’ objets de collection. Papiers en main je retourne au dépôt transvaser la marchandise et mettre tout en ordre pour la descente. Je prends le luxe d’une douche et d’un énorme américain à la cabane à frites du parking voisin. Les pleins, et roule. Il pleut encore presque tout du long, quelle tristesse. Je retrouve la route de Reims/Chaumont, puis trace jusqu’à Tournus ou je me cale dans le fond d’un grand parking, dans le coin des frigos, la pluie et le ronron des Thermo King et autres Carrier me bercent jusqu’à l’endormissement. J’aime bien ce bruit…

jeudi 9 octobre 

A 6 h 20 je prends mon petit dèj au bar, la serveuse commence à me connaitre ainsi que certains de mes collègues, nous discutons comme de vieilles connaissances. Il faut tout de même penser à décoller, la route pour Turin est encore longue.

Sur Lyon ça bouche, toujours au même endroit, je prends une fois de plus la file de gauche. Un vieu en camion remorque s’ amuse à me serrer dans les glissières quand je le double, en me montrant le poing. Encore une fois, il n’y a pas d’interdiction de doubler, je ne vois pas ou est le mal, sinon qu’il est assez bête pour rester dans le troupeau à l’arrêt. Bref, je continue en direction de l’ Italie, c’est presque une délivrance de passer la frontière.

Le soleil est réapparut, je débâche vite fait mon toit et un coté de la remorque chez mon client. Trop vite car en examinant les papiers le gars me dit qu’il faut aller à un autre endroit. Tant pis, je remets tout en place. Au second dépôt je recommence la manip, la bobine évacuée je remballe sur le parking. Cette fois le toit me donne du fil à retordre car je n’ai pas beaucoup de place pour tirer fermement dessus. Rien ne sert de s’ ennerver, il faut ruser avec une sangle accrochée au bout de ma perche, je tire le tout confortablement depuis le plancher des vaches. Un chauffeur italien qui arrive derrière est mort de rire de voir la combine, n’empêche que ça marche du premier coup!

Je mets les voiles sur Milan, ou je n’ai pas mis les roues depuis des lustres. Dédé découvre le bazar phénoménal de la fin d’ après midi: 45 minutes pour parcourir 6 km. Ca freine jusqu’à Bergamo ou je sors pour rattraper la petite route qui méne au nord du lac d’ Iseo. Le paysage est magnifique sauf qu’il fait nuit noire. J’ arrive à 20 h 30 sur le parking de la petite entreprise, il y a déjà la un portugais attablé à son coffre à palettes. Son repas terminé il vient discuter, dans un français très correct. Il me parle de son pays, de ses voyages, un vrai passionné qui ne se pose pas la question du nombre d’heures de travail ni de quand il rentrera. La seule chose qui l’ ennui est de devoir planter son dimanche en France…. 


vendredi 10 octobre

Je tire mes rideaux à 7 h 30, le portugais ronfle toujours et la boutique est ouverte, je grille donc la place. En fait je referme mes bâches lorsque le chauffeur émerge, gentilement je m’ excuse, en rigolant il me dit que cela se revaudra.

J’ attends un petit moment mes ordres de chargement, en redescendant sur Bergamo je fais une halte dans une très vieille station service. J’ exécute une manoeuvre rapide mais précise pour me garer correctement, et je m’ apperçois en descendant du camion qu’il y a une demi douzaine de paires d’yeux ébahis rivés sur moi. Le patron du bar qui me reconnait (je m’ arrête quelques fois ici) est mort de rire et me dit qu’ils sont tous impressionnés. Il me sert un véritable cappuccino dans les régles de l’art: une tonne de mousse et le cacao dessus. Bien sur il y a le croissant qui accompagne, à défaut de marmelata je me rabbat sur la spécialité à la crème, le truc à éviter à cause du sucre glace: non seulement sa colle mais j’en ai plein dans le maillot et les chaussures.

Je file dans une grosse imprimerie de Bergamo, il y a forcément de l’attente, que je comble avec un breton voisin de parking. A midi le gardien m’ appelle: il faut patienter jusqu’à 14h. 14h30 on me fait enfin signe, mais avant d’ aller charger ils ont besoin d’un petit « service ». Là je tombe des nues quand on m’explique qu’il y a des photographes qui veulent que Dédé joue les starlettes dans la cour. Je n’ai pas bien compris s’il s’ agit d’une pub pour l’usine pour un reportage pour l’autoroute qui passe juste devant. Je me prête au jeu un moment, Dédé doit tortiller du cul dans tout les sens sous les flash pour faire plaisir à ces messieurs, comme les vrais!!! De face, de profile, appels de phare, etc, y’en a même un qui a voulu regarder sous sa jupe, non mais! Au bout d’une petite demi heure je finis quand même par perdre patience, et m’ échappe en douce, comme les stars, pour charger. 16 h, mission accomplie, cap sur Milan et ses traditionnels bouchons.

J’ expérimente le Mont Blanc pour la première fois avec Dédé, la maitrise de la descente avec la boite automatique n’est pas parfaite, mais on ‘en sort. J’ ai simplement le sentiment d’ être plus souvent le pied sur le frein. Nous arrivons à Bonneville pour la nuit, pas le courage d’aller plus loin, j’ai les yeux qui brulent.


samedi 11 octobre:


J’ arrive enfin à 10h20, je ne me fais pas prier pour retrouver ma chaumière, en plus ils ont annoncé du beau temps. J’ai pas encore vu le soleil, c’est la purée de pois totale.




semaine 39

5102008

lundi 21 septembre:7 h 30 Dédé m’ attends, tout seul sur le bord du chemin. On ne tarde pas à filer vers Paris, toujours par la même route, mais je ne la trouve pas monotone pour autant, bien que je finisse par la connaître par coeur. A l’heure de midi Paris se traverse bien, je termine mes restes de poulet de la veille. C’est pas original, je sais, mais ça a l’ avantage d’ être pratique. Je débarque à 14 h 15 à Beauvais au même endroit ou j’ai vidé lundi dernier, à la seule différence qu’aujourd’hui il n’y a qu’un quai de disponible, et un cariste bien fatigué puisse qu’il nous dit être là depuis 4 h du mat. Je provoque la discution avec les 3 autres chauffeurs en attente, cela fait passer le temps plus vite. Dans l’action nous aidons celui qui me précéde à faire une manipulation de sangles, cela se termine devant un café. Je mets les voiles à presque 18h tout de même, il me faut à présent monter sur Arras. J’ assiste à un merveilleux coucher de soleil sur Albert, encore une belle journée qui se termine. Il fait nuit noire quand je m’installe dans un petit village à proximité de ma destination finale. Dans le nord les villages étant tellement larges qu’il est fréquent de pouvoir se poser sur un bout de trottoir à proximité des commerces.

mardi 22 septembre:

Je prends mon grand crème au troquet du coin, Dédé est tout fier de se faire admirer par les gamins qui attendent le bus. Je suis à l’ouverture de la boutique pour vider de petites machines, un collègue attend déjà bâches ouvertes. Ensuite on me demande de venir en vitesse au dépôt, une urgence. J’ai tôt fais de changer de remorque et me mettre à quai pour compléter. Le temps de poser mes documents, boire un café, il faut partir. Pour une fois je descends par Paris, toujours par les nationales. L’urgence est à destination d’un minuscule village au nord d’ Auxerre. Il s’ agit même d’un lieu dit, ce qui me fait monter l’ adrénaline à l’idée de faufiller Dédé dans les chemins de campagne. Et c’est bien de cela qu’il s’ agit puisse que ce n’est pas plus large que lui, mais heureusement bien fléché. Au passage je secoue un pommier qui n’a jamais vu une bâche de camion de si prêt, je récolte un seau de pommes dans le toit de la remorque. Plus loin je roule au pas pour laisser traverser un chevreuil que j’ai vu arriver du fond d’un champ, magnifique. Arrivée à la ferme j’aide à déballer les gros cartons en vrac dans la benne d’un tracteur agricole, pratique et sans prise tête. L’urgence passée je descends à la maison par le chemin inverse d’ hier. Pas le temps de dormir dans mon lit pour autant: un calin à mes chats et une bonne douche, j’y retourne. Les pleins au passage puis je roule mes heures jusqu’à Tournus.

mercredi 23 septembre:

Grand crème croissant dans un routier que j’apprécie, puis je pointe à 8 h sur un chantier maconnais pour me débarrasser d’un fardeau de matériel. Vu que c’est vite fait je m’ accorde un café au centre routier du coin. Les heures de gloire de l’endroit font partie du passé. Puis je me précipite doucement sur le Fréjus. Ce que je n’aime pas lorsqu’il n’y a qu’ à rouler, c’est que j’ai tendance à m arrêter à tout les coins de rues… Je calcule que je devrai arriver en milieu de matinée demain à destination, au sud de Pérugia, c’est plutôt cool. 18 h, les choses s’ accélèrent: un collègue en panne sur Florence, il faudra certainement récupérer sa remorque pour aller la vider. Cela ne m’ enchante pas trop, il va falloir courir. Je me fixe pour objectif de passer Bologne avant la coupure afin d’ économiser des heures pour demain. Je mords un peu hors des clous pour rejoindre la station service, il est 21 h 30

jeudi 24 septembre:

Je cavale à travers la montagne, l’oeil rivé à la montre, un poil stressée: arriver le plus vite possible! Je me pointe à 10 h, ressors à 11, mon collègue en panne la veille a été dépanné sans trop de mal donc je remonte aussi sec en direction de Cesena par la route défoncée. A vide ce n’est pas plus confortable qu’en charge, loin de là! Je passe mon aprés midi dans une petite usine à charger du matériel agricole. Chaque pièce est empilée avec soin, attaché puis sanglé fermement. Au départ je craignais le bazar, finalement je suis plutôt satisfaite. Je me rends vers mon adresse pour demain, à travers de petites routes. Il y avait plus simple mais dans le doute j’ai pris le plus direct. C’est le gps qui me localise l’endroit, excentré du village de 7 km. Il y avait de quoi tourner en rond un moment.

vendredi 25 septembre:

Dés 8h je pointe au bureau, une dame très mal gracieuse m’ acceuille comme une malpropre car ça n’ouvre qu’à 8 h 30. Un autre chauffeur français a droit au même bonjour. Nous en rigolons en attendant. Puis nous piaffons d’ impatience pour obtenir nos quelques palettes. La dame du bureau nous jette pour ainsi dire les papiers de transport au visage, c’est un soulagement de ne plus la voir à 10h ! Il me reste un enlévement à faire, à une une de route de là, dans la boutique ou je suis restée plantée presque une journée complète il n’y a pas si longtemps. Pour un vendredi, cela ne me réjouit guère. Les 5 camions devant moi ne chargent que des bricole si bien que j’ai la place à midi. Le cariste me reconnait et fait l’ effort de décaler sa pause déjeuner. 13 h, je prends la route. Les réjouissances ne s’ arrête pas là car je dois échanger ma remorque avec un collègue et celle ci est à compléter. Vue l’heure c’est risqué, je prends la route du Fréjus et récupérerai mon chargement demain en France. Cela me soulage car je suis pressée de rentrer.

samedi 26 septembre:

Je suis un peu en avance sur mon rencart à Chalon pour écanger ma remorque. cela me permet de faire le ménage tranquillement. Au moment de décrocher mon collègue manque de justesse de mettre la remorque par terre, c’est à dire qu’elle « lève du cul ». De justesse j’ arrive à lui faire stopper la manoeuvre, l’avant de la remorque est posée sur les roues du tracteur. En baissant les suspensions de la remorque et jouant de la manivelle des béquille on réussit à la remonter et à la faire tenir debout. Comme quoi rien ne sert de s’ affoler quand on est préssé… Midi je me gare, à la même place que la semaine dernière car en rentrant tard le parking est plein. Vite, j’ai plein de trucs à faire et le week end sera trop court.




semaine 40, destination Rome

5102008

lundi 29 septembre:

Ce fut un week end éclair, pas le temps de faire grand chose puisqu’à 3 h Dédé est déjà en marche. J’ai pris un abonnement chez le transporteur de Beauvais, on y retourne. Le brouillard est de la partie à 20 km de la maison, m’obligeant à lever le pied régulièrement, on ne peut pas se permettre de folie. Ca bouche dur en région parisienne, à cause de la purée de pois plus qu’ épaisse sur Roissy. J’ai bien fait de partir tôt, cela me permet de ne pas être trop en retard à Beauvais. Le très sympathique cariste ne bronche pas à sortir quelques grosses caisses qui ne lui sont pas destinées, puis à les remettre en place. Je discute très longuement avec une collègue qui attend la place, ce genre d’ échange est toujours sympa.
Midi, en route pour Amiens, il n’y a qu’une soixantaine de km, cela me permet de souffler une demi heure au calme. Mon petit Greg m’ appelle, il aurait du m’ accompagner cette semaine mais des événements imprévus l’ont empêché de venir. Je devais le prendre à la descente mais les choses se compliquant le projet est remis à plus tard.
Sur Amiens les choses se corsent: mon point de livraison est proche du centre ville dans une rue à sens unique. Par prudence je tire les freins dans la grande artère la plus proche et pars voir à pied. Le client me montre les différents accés possibles, mais tous sont bien trop étroits. Ce sont surtout les files de voitures en stationnement de chaque coté des rues qui ne m’inspirent pas. De plus le client n’a aucun engin pour descendre ces caisses de la remorque, ça va être compliqué. Au final il explique lui même la situation à mon responsable, qui me dit de lever le camp au plus tôt, il est assaillit de coups de fils car je suis mal garée, sans doute le grincheux du quartier. Je retrouve mon Dédé qui tape du pied en m’ attendant, on s’ arrache en vitesse. Sans attendre on me communique l’ adresse d’un transporteur pour y déposer mes caisses.
15 h, direction Béthune, ça va être serré coté heures de conduite à cause des bouchons du matin, mais je n’ai pas trop le choix. Je suis de plus en plus décue que Greg ne soit pas là: je charge pour le nord de Rome, c’est vraiment dommage. A l’ acierie je charge sans trop attendre, et c’est tant mieux car je faiblit. 19 h, parking, casse croute et ZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzmardi 30 septembre:

Je me prépare pour 8 h, mais le boulot étant calme je n’ obtiens mon complément qu’à 11 h passée. Pour commencer je dois prendre une palette à une trentaine de km, mais ne pouvant y être avant midi l’ affaire est annulée pour moi et je roule vers Boulogne sur Mer. Cela m’arrange, je n’aurai pas à repasser au dépôt et perdre du temps. C’est avec joie que j’ emprunte la route de St Omer à Boulogne, celle qui mène au port, que de bons souvenirs. D’ ailleurs le mardi c’est jour de départ de poisson vers l’ Italie, je croise les affrêtés avec qui je chargeais jadis. Je déboule avant 14 h dans un petit village de la côte, et charge sans attente mon lot. Le client est presque navré de me faire ouvrir les deux cotés de la remorque, s’il savait, je suis maintenant rodée à l’exercice. 14 h 30, ne reste plus qu’à faire tourner les roues, 1600 km à vue de nez. Après le vent, la pluie fait son apparition, rien de miraculeux dans le secteur. C’est même ainsi que la région est la plus belle. Je rejoins Amiens par les nationales, puis l’ A1 au nord de Paris. Ca freine toujours et encore sur le contournement, j’y trouve de justesse une place sur une aire pour ma coupure. Il fait nuit de plus en plus tôt, beurk. Je continue via Auxerre, prends un café en vitesse puis termine sur Avallon vers 23 h 30. A ma grande surprise les parkings ne sont qu’à moitié remplit à cette heure. Belle démonstration de la baisse de travail. Dédé affiche fièrement 14000 km pour le mois quand même!

mercredi 1er octobre:

Il ne faut pas trainer, autoroute jusqu’à Chalon, un bol de café pour moi, un seau de gasoil pour Dédé pour tenir le coup jusqu’aux Alpes. Mon ami Michel me tient au téléphone tout du long ou presque, il y a dix ans nous passions nos permis ensemble, cela ne nous rajeunit pas! Je mange à Chambéry, vide un lot au pied du Fréjus en 20 minutes, et on prend le large en Italie. Dans la descente je prends le temps d’une douche, c’est gratuit mais limite niveau propreté. Sur Turin mon chef me suggère de passer par la côte, ma fois, pourquoi pas. Donc à Alexandria je bifurque sur Gênes, par l’ A 7. Je ne l’avais prise qu’une fois à la descente, je la savais tortueuse mais pas à ce point! sur une trentaine de km les virages se prenne à 40/50, au dela c’est la culbute, attention aux chargements mal arrimés! Je désespère tout de même en calculant mes heures, les parking ne sont pas légions dans le coin, il va falloir dépasser d’un petit quart d’heure. Alors que je m’allonge confortablement ça tambourrine à la portière… pas d’affolement, je laisse faire sans broncher. Habituellement pourtant ils me foutent la paix!

jeudi 2 octobre:

En route avant 6 h, tout schuss droit devant en directon de Rome. Bien évidemment je ne fais pas l’impasse sur mon capuccino brioche alla marmellata en cours de route. Je file sur la via Aurelia, qui est le prolongement de l’autoroute. C’est une 4 voies étroite et défoncée par endroit, mais qui roule pas mal. Je bifurque à une soixantaine de km avant Rome par une route de seconde catégorie pour rejoindre Viterbio dans les terres. Le chemin est plutôt de 3 ème catégorie, mais j’en prends plein les yeux. Ca grimpe sec au milieu d’un décor très vallonné désert, tout y est de couleur jaune. Puis je longe ce qui doit être un aqueduc romain en parfaite état. La carte signale des vestiges un peu partout. Puis les collines se recouvrent de champs d’ oliviers à perte de vue. Derrière se dresse les volcans, une pure merveille. Une fois bien avancée mes poils s’irrissent soudainement devant un panneau: hauteur limitée 3m80 à 500 m. Pas le choix que d’aller me planter devant la chose: ce n’est pas un pont, mais un porche pour rentrer dans un village. C’est aussi peu large que haut, faut viser juste, le toit passe à ras. Puis c’est la descente, je calcule que je ne devrai pas tarder à trouver une 4 voies. Celle ci n’ étant pas terminée il faut encore passer dans un village médiéval, de toute beauté, mais la route y est tortueuse et délabrée. Retrouvée la grande route, je profite d’une des nombreuses stations pour casser la croute en vitesse. Je rejoinds Terni, qui est mon terminus. Mais ma sortie est signalée fermée, il me faut m’ engager à l’heure de pointe sur les avenues de la ville. Je trouve ma rue après avoir déjouer les pièges du gps, mais pas mon client. Je suis un instant mal à l’aise en m’engouffrant dans des rues de plus en plus étroites au milieu des scooters complètement inconscients. Puis j’ apperçois enfin mon enseigne, vais me planter devant le portail. Le gardien m’indique que ce n’est pas là, il faut faire le tour du quartier dans les interdictions pl, j’ai loupé le chemin d’ accés à mon adresse. En effet en repassant je trouve grâce aux indications, ça ressemble à tout sauf à une usine. Une fois dans le chemin je cherche le portail d’entrée, et je me trompe et me retrouve chez le voisin. Ca me gonfle! Alors que je fais un savant demi tour un gars vient à mes devants, il y a moindre mal car les cours communiquent. On me débarrasse sans attendre de mes 22 tonnes, 20 minutes montre en main. Je me marre en pensant aux 48 h de route pour aussi peu de temps sur place… car je remonte aussi sec, par la route de Pérugia/Cesena cette fois. Ca va finir par devenir une routine! Je fais ma pose dans une minuscule station service, qui est néanmoins pourvue d’un bar. Je commande mon café avec mon superbe accent bourguignon, la patronne me demande d’ou je viens « sono franscese », « moi aussi » qu’elle me répond. Et nous bavardons 10 minutes. Dorénavant je m’arrêterai ici, si je repasse évidemment! Je termine à une heure de Cesena avec 9 h de route bien tassées. j’en ai franchement plein le dos, pas le courage de poursuivre plus en avant. Il est 17h. STOOOOOOP!!!vendredi 3 octobre:

C’est vendredi, jour de ferraille pour moi. Il me faut partir avant 6 h pour rejoindre Modena avec la halte petit déjeuner de circonstance. Mon chargement étant prévu en fin de matinée, on me charge à 11 h et à midi et demi je prends la direction de la maison, avec un crochet sur Turin pour prendre quelques palettes chez un transpoteur. Cela ne me détourne même pas car c’est en bordure de tangenziale. Je grimpe aussi vite que je le peux au tunnel, 20 h je m’installe à la première station française. Seulement une dizaine de camions, 2 français, c’est le déclin…




semaine 38

5102008

lundi 15 septembre:

3 h 15 Dédé n’est pas encore réveillé lorsque j’arrive, c’est pas le tout mais on a un bon bout de route à faire. L’ habituelle RN6 nous mène par le Morvan à Auxerre ou je fais ma halte comme bien souvent. En descendant de la cabine j’entends un pschiiiiit anormal, cela ne fait pas de doute, un flexible est mal branché. La remorque ayant pas mal vécue le joint montre des signes de faiblesse. Un soupcon de graisse dessus et la fuite n’existe plus, je vais en vitesse prendre mon café.
Le contournement de Paris passe plutôt bien, mais derrière l’ aéroport de Roissy ça coince un peu. Le plus dur à négocier avec les voitures est les ronds points à double file, Dédé doit montrer gentilement mais surement qu’il a besoin qu’on s’ écarte un peu pour le laisser passer. A16, Beauvais, je retrouve sans mal le chemin du transporteur ou je dois vider, de mémoire car on a pas su me redonner l’adresse exacte.
Il est presque midi quand je m’en vais, squatte le long du trottoir pour attendre le programme. Peu de boulot, j’ai ordre de manger tranquille. Merci chef! Je fais même une petite sieste de 2h en vrac sur la banquette du bas.
Le téléphone me réveille en sursaut, vite il faut redescendre sur Paris mettre ma semie à quai. La marchandise étant à vider dans la soirée dans le nord, mon disque ne me le permet pas. J’explique au cariste que j’ attends un collègue pour échanger la remorque. Il me répond qu’il n’y a pas de soucis, dans une multitude d’ endroit cela aurait été très mal vu. Dans l’entreprise tout le monde est bien aimable, pas une personne que je croise ne me dit pas bonjour, c’est tellement rare qu’il est bon de le signaler. Mon collègue arrive sans tarder et nous faisons notre manip en vitesse. J’ hérite d’une livraison ultra légère à vider demain matin, je tire mes heures jusqu’à Roye. 15h d’ amplitude, j’en ai plein les pattes, ça fait du bien quand ça s’arrête. Je prends néanmoins mon courage à deux mains pour frotter mon pare brise qui est gras d’origine.

mardi 16 septembre:

Je reprends ma route après les 11 h de coupure réglementaire, toujours sur la N17 en direction du nord. Petit déjeuner au même endroit que la mardi dernier, cette fois ça parle bois de chauffage, ça sent l’hiver. A l’ arrivée sur le sud de Lille je suis dans les ralentissements du matin, heureusement je ne tarde pas à sortir de la grande A1 pour arriver juste à l’ouverture chez mon client. En 2 temps 3 mouvements il prends ses grosses caisses à quai, de suite j’ai mes instructions de rechargement, on commence par un petit tour en Belgique. Ca bouchonne sur toute la traversée Lilloise, je fais une rapide pause au centre routier de Roncq afin de prendre la taxe pour passer la frontière, soit 8 euros pour la journée, peu importe le nombre de km. Mon client n’est qu’à 5 km, ça fait cher! Je n’aime pas trop circuler dans ce pays, je trouve la signalisation un peu trop obsolète. Peut être une question d’ habitude aussi. De retour chez nous je file sur Maubeuge. J’ aurai pu y aller par la Belgique, c’est un peu plus court, mais avec l’interdiction de doubler sur l’autoroute je risque bien de perdre du temps. Je pointe à midi et demi à la grande usine, mon chargement n’est prévu qu’à 14 h. Je rentre à 14 h 20, puis s’ensuit une interminable attente devant mon quai. Le responsable me dit que c’est la faute de l’équipe du matin, puis colle ça sur le dos du robot qui amène les pièces. Bref, c’est la faute à tout le monde sauf à lui. Je ressors enfin à 17 h 30, mais la journée n’est pas fini. Direction Valenciennes prendre des grosses caisses chez un transporteur. Consternation: la place prévue a été largement sous estimée, et bien sur dans les bureaux il n’y a plus personne. Heureusement qu’il me reste un petit mètre supplémentaire, avec le cariste nous usons de patience pour tout faire tenir. Je jette quelques sangles pour tout maintenir et roule. Petit crochet au dépôt poser des documents et faire mes pleins Déjà 19h, pas la peine d’ espérer manger ni prendre une douche, il faut rouler à tout prix. Cela m’ amène vers 23 h à l’entrée de Reims. Je n’ai même plus faim, me force à avaler un bout et file sous la couette.

mercredi 17 septembre:

Il ne faut pas s’ amuser, à 7 h je traverse Reims, et taille par St Dizier, la routine en quelques sortes. A Chaumont je m’ arrête bien qu’il ne soit pas l’heure de la pose légale pour manger et prendre une douche dans un routier que j’aime bien. Je regrette ensuite cet arrêt car je suis décalée par rapport au boulot. A 13 h je donne au vol 2 palettes à Lons à un gentil cariste, puis suis obligée de refaire une pose avant de livrer sur Lyon. Cela me retarde, mais tant pis, de plus j’ai faim et grignotte dans ma cabine. De toute facon à 15 h, ou trouver mieux? Il est 17 h lorsque je quitte la région lyonnaise délestée de quelques tonnes. Je roule tranquille sur Annecy ou il me reste mon dernier lot à me débarrasser avant l’ Italie. J’ arrive à mon adresse (un magazin de grande enseigne) à 19 h, c’est la fermeture. Je demande tout de même l’ heure d’ouverture de la réception demain: 9 h 30 comme la boutique. Youpi! Je suis réjouis. Si je travaillais avec de tels horaires la France pourrait crever de faim. Bonne nouvelle quand même, je vais faire une bonne nuit! Je ne cherche même pas à aller manger à l’un des resto de la zone comerciale car j’ai envie de calme. De plus mes finances sont basses.

jeudi 18 septembre:

J’ai testé le chauffage autonome de Dédé: le paradis, peu bruyant et bien régulé, à moi les bonnes nuits hivernales comme un loir dans son grenier. Vers 8 h 30 un responsable du magasin arrive et saute sur le chariot élévateur pour me vider, je retrouve le sourire. En route pour l’ Italie via le Fréjus. Tout ce passe pour le mieux, il fait très beau. Cependant je cravache pas mal, slalomme dans la circulation sur Turin: j’ aimerai bien lâcher mon dernier lot sur Parme ce soir. Je calcule y être vers 17 h, il y a encore un petit espoir.
J’y arrive pile à l’heure espérée, un collègue est sous le pont. Le manutentionnaire soupire mais j’arrive à le retenir sans mal 10 minutes de plus pour qu’il me vide. Après avoir pris mes instructions pour demain je descends sur Modena pour passer la nuit dans une petite station déserte. Encore une bonne nuit en perspective car mon premier lot ne sera près que pour 9h30 à une dizaine de km de là

vendredi 19 septembre:

C’est sous un fin crachin que je fais mon premier chargement, forcément rideau ouvert à l’extérieur. De plus cela traine en longueur, le cariste doit aller chercher les palettes une à une à l’autre bout de l’usine pour me les amener dans la rue, il n’y a pas la place de faire rentrer un camion dans la cour. Je cours au nord de la ville faire mon complément, mais les choses se corsent: les quantités annoncées ne sont pas respecter, les téléphones chauffent. Le client reste campé sur ses positions, mon chef aussi, je fais l’arbitre en regardant la pendule. Mon chef capitule à 12 h 10, le client me ferme la porte au nez: à 14h! Qui c’est qui trinque: le chauffeur, comme d’ hab! Je grignotte du bout des dents en attendant, un peu dégoutée. Une fois en route il ne faut pas s’amuser, je grimpe non stop jusqu’à la dernière station avant le Fréjus. J’ occupe ma pose à prendre une douche, puis je poursuis jusqu’à Chambéry pour une courte nuit.

samedi 20 septembre:

Pas de grasse matinée, je rentre en vitesse car même les heures de repos du week end sont comptées… Je borde Dédé à 10 h 30, vite, à la casa.




Semaine 37: 3520km de bonheur

13092008

lundi 08 septembre:

Les vacances sont belles et bien terminées cette fois, c’est à dire qu’on attaque les choses sérieuses: debout à 2 h du mat’ pour quitter la maison à 3h et retrouver Dédé (j’ai pas trouvé mieux comme surnom). Mon sac d’ habits et ma caisse de vivres et bricoles grimpées à bord, je démarre à 3 h 30.

Dédé se réveille tranquille le temps de traverser la petite ville, une fois sur la nationale j’ accélère en douceur. Au pied de la mythique côte de La Rochepot il a presque atteint sa température de croisière, nous montons sans mal, je sens à peine les 18 tonnes de charge. La fraiche nuit me fait mettre le chauffage, comme dans tout véhicule neuf je prends une bonne bouffée d’ odeur de plastique via la soufflerie.

Avallon, A6, puis Dédé découvre l’aire d’Auxerre et moi je file boire un café. 3 mots avec la serveuse habituelle qui s’ étonne du peu de passage cette nuit, en effet même le parking poids lourd est vide. Ca sent les longues nuits d’ hiver.

N6 jusqu’à Sens pour récupérer l’A5 et le grand contournement est de Paris. Repause réglementaire, la circulation se densifie et est ralentie alors que je n’ai pas trop de temps à perdre. Désespoir de voir la pendule qui tourne, mon chef est avertit du retard et que je ne pourrais pas livrer mes 2 clients avant midi. La honte française: 1 h 15 de bouchon à cause… d’un simple camion en panne sur la bande d’arrêt d’urgence! Cette dernière est tellement peu large que ça ne passe que sur une seule voie. Elle est belle notre capitale et ses autoroutes modernes.

Bref, il est 10 h lorsque je me mets à quai, il y a plus de colis en vrac à vider que je ne pensais, cela occupe le cariste un bon moment. Evidemment il est trop tard pour livrer plus à l’est avant midi, j’y vais donc tranquille et j’ai le temps de faire le pique nique en attendant l’ouverture.

Mes palettes rapidement tirées au cul de la remorque, je ne serai pas en retard pour recharger au sud de Paris. 16 h cela est chose faite à la satisfaction générale. Il me reste 1 h 45 de conduite à faire en direction du nord. La remontée par la Francilienne se passe bien, j’ échoue à l’aire de Ressons à 18 h 15.

mardi 09 septembre:

 5 h 15 on continue vers le nord via la nationale 17 , tout va dans le meilleur des mondes par seulement 10 degrés. En route je prends mon petit dèj dans un troquet qui ouvre de bonne heure, ça discute impots, retraites, et tout ce qui va avec. A 6 h devant le grand crème, faut être passionné. Moi je regarde plutôt le jour se lever, il va enfin faire beau et ça fait du bien.

Peu avant 8 h je pointe à la plateforme de grande distribution pour vider. De bonne humeur je ne fais même pas la grimace au transpalette que l’on me tend en arrivant sur le quai. 9 h, je quitte les lieux vers Valenciennes, je tombe le pull en route. Ma ramasse faite en vitesse je vais au dépôt de ma société pour changer de remorque et charger mon groupage pour la descente.

13 h 30 je décolle, ce qui est tôt comparer à d’autre fois. Mais il faudra bien ça: nous partons pour le centre de l’Italie avec un crochet par Grenoble, soit un périple d’environ 1600 km. Je fais ma première pause traditionnelle de 15′ après St Quentin, histoire de boire le café. J’occupe les 30′ restantes à prendre une bonne douche avant Reims. En milieu d’ après midi il n’y a personne, ce qui est appréciable. Je ne chôme pas à dévaler sur Vitry, St Dizier et Chaumont, en prévision de dormir sur Dijon. En route je croise mon ami Nono qui monte, appels de phare et coup de trompe sont de circonstance.

A brides abattues j’ atterris sur Is sur Tille vers 20 h. J’imprime un ticket par curiosité, j’ai pas loin d’une demi heure de conduite en trop, faisant de moi une hors la loi. En détail ce sont tout les temps de manoeuvre, 1 minute à droite, 2 minutes à gauche, qui justifient ce dépassement. Avec un bon vieux disque c’était bon, vive le modernisme.

Mon ami Greg vient passer la soirée vers moi, la nouvelle cabine l’impressionne, de quoi le faire piaffer un peu plus dans l’attente de pouvoir prendre le large à son tour… Minuit, il est temps d’aller au dodo, mais un truc m’angoisse: je ne retrouve plus mes clefs de réservoirs, je retourne tout les coffres au grand désespoir de ne rien trouver. Je suis mal, très mal.

mercredi 10 septembre:

C’est après une bien courte nuit qu’il faut continuer à descendre. A 6 h je retrouve mon parking du week end, et après avoir fouiller la voiture à la recherche de mes clefs, je prends la décision de filer à la maison vérifier là bas. En démarrant ça me vient: dans mon coffre à sangles! effectivement elles y sont, tout bonnement pleines de gazoil je ne voulais pas les laisser dans la cabine. Pour fêter ça je prends quand même la voiture pour aller déjeuner en ville, sans trop traîner tout de même.

A Chalon je peux donc faire mes pleins, cette fois l’adblue se remplit presque bien, en forçant un peu le pistolet dans le réservoir. Il y a un système magnétique à l’intérieur pour que ça marche. Ce produit serait donc si dangereux?? Je continue sur Lyon, ou ça bouche. J’ai pitié pour ceux qui s’ empilent sans réfléchir sur la file de droite alors que je ne donne aucun coup de frein à gauche, le tout étant de garder une bonne distance de sécurité.

J’ arrive jusqu’à l’ entrée de Grenoble pour finir ma coupure, puis vais visiter mon premier client, puis le second qui n’est pas loin juste avant midi. Le troisième est à une vingtaine de kilomètres, la réception fermant à 15 h j’en déduis que cela reste ouvert à midi: bingo! à 13 h le tour est joué. Me reste plus qu’à filer de l’autre coté de la montagne, en Italie, via le Fréjus. Je complète mon carburant avant la frontière, au tunnel ça bouchonne pas mal me faisant perdre du temps sur le « disque », à force d’avancer en accordéon.

Au moment de passer la guitoune de péage je laisse passer un camion venant de ma droite, arrive à gauche une voiture italienne à vive allure qui tente de griller la file alors je suis en train de démarrer. Tout debout sur les freins on a évité le choc de peu. L’italien m’injurie, de colère je lui réponds sur le même ton et ne lui cède pas la place. L’autre sort de sa voiture, gueule qu’il me retrouvera à la sortie et qu’on réglera ça « entre hommes » (sic). Une fois dans le tunnel je m’aperçois que j’ai été la dernière à passer avant le convoi de matières dangereuses: l’italien est donc loin derrière. Sitôt la sortie je prends le parking pour faire ma seconde pause, me planquant tant bien que mal derrière une citerne et un frigo. J’ attends en remplissant des paperasses; l’ abrutit arrive, ralentit, cherche, quand il me voit il lui est trop tard pour entrer sur le parking, j’ai droit à un doigt d’ honneur et il file. Ouf! Après un bon café qui colle bien à la tasse je poursuis sur Turin.

Je ne tire que jusqu’à Asti, j’aurai espérer aller 50 km plus loin, tant pis. Il est presque 19 h. Demain une fois vide il ne me restera pas beaucoup de temps à conduire, retour samedi à la maison assuré. Mais on verra bien, demain sera un autre jour.

jeudi 11 septembre:

4 h 15, c’est dur mais il faut y aller. A cette heure l’autoroute m’appartient, tant mieux car j’ai un peu de mal à tenir la barre. Avant Piacenza je déguste en vitesse mon traditionnel capuccino brioche, rien de tel pour me réveiller. Puis le flot de circulation se fait plus dense, il faut ouvrir les yeux dans tout les rétros. Bologne passe pas trop mal vu l’heure. Juste à ma sortie, Cesena, je fais ma pause, déjà plus de 4 h que je roule.

Puis c’est la voie rapide mais défoncée en direction de Rome. Merci Dédé d’avoir de bonnes suspensions pour soulager mon pauvre dos. Les travaux de réfection avancent pour de bon, c’est de moins en moins pire. Je ne fais qu’un trés court arrêt pipi avant Perugia, mes calculs étaient bons: je serai chez mon client en 7 h de volant, 6 h 50 exactement en me garant devant le portail. Evidemment il est midi et il faut attendre la reprise, au moins j’ai le temps de manger en toute tranquilité.

Il fait trés chaud, lourd et orageux, je transpire juste à ouvrir le toit de la remorque, il n’y pourtant rien de plus simple. 15 h 30 je m’installe dans une station service à l’entrée de Perugia en attente de mes ordres. A priori le boulot n’est pas violent, il faudra prendre son mal en patience. J’ai la bonne idée de vouloir aller à la douche, manque de bol celle ci est hors service, il n’y a pas qu’en France que ce genre service laisse à désirer. Je peste de rage car il n’y a pas un poil d’ombre sur le parking, le thermomètre indique 38 degrés. Je me débarbouille néanmoins avec un bidon d’eau, pas question de rester dans cet état.

17 h 30, téléphone: chargement demain sur Siene. Un oeil à la carte, il y a environ 150 km, il me reste 1 h 30 à faire, je vais avancer un bon bout. La 4 voies en direction de l’ouest n’est pas meilleure que celle du nord, surtout à vide; je danse la valse et les planches alu de la remorque font un bruit de conserve incroyable. En coupant à travers je pensais avoir 30 km de route de montagne, je suis ravie de découvrir le prolongement de la voie rapide jusqu’ à Sienne. Le paysage de la Toscane est encore plus magnifique que dans mes souvenirs, ce n’est que du bonheur d’avoir un tel terrain de jeu. J’ établis le campement pour la nuit dans une petite station à 19 h. A moi la bonne nuit car je suis naze, demain va encore être une journée à couteaux tirés.

vendredi 12 septembre:

Aprés ce repos trés récupérateur, je pars avec mon petit déjeuner favori (capuccino-brioche) dans le ventre à 7 h. Je suis bien avant 8 h dans la petite zone industrielle, merci GPS de m’ avoir dégoté l’ adresse sinon je tournerai encore. Dans le fond d’une impasse, un vieu portail sans nom donnant sur une cour abandonnée. Ce sont les voisins qui m’ assurent que c’est bien là et que ça n’ouvre qu’ à 8 h 30. Peu de temps derrière moi un napolitain arrive, tout aussi sceptique que moi devant le portail. En attendant la discution s’engage, mi italien mi français. Pendant le chargement de ma remorque il me donne un coup de main au calage dans la bonne humeur. En l’absence de machine dans l’entreprise il prépare le vrai café avec la petite cafetière qui va sur le réchaud, un truc à vous foutre le feu. Le cariste se joint à nous, ce sont ces courts moments improvisés qui donnent du courage. Plus tard arrivera un chauffeur allemand, qui gueule à peine passé le portail, nous faisons mine de l’ignorer.

10 h, remorque refermée, il faut penser à remonter! Mon chef me conseille de passer « par la cote », bête et disciplinée je prends cet itinéraire. A peu de chose prêt cela revient au même, le seul intérêt étant d’ éviter les bouchons dans la montée des Appenins. Et puis ça ne me déplait pas, une éternité que je ne suis pas passée par ici! De Florence à Lucca j’ admire les pépinières d’ arbres qui bordent sur des km l’autoroute, puis de La Spezia à Gêne en aperçoit la mer par endroit. Je remonte sur Alessandria par le Turchino: de la montagne à perte de vue, ça tire dur, mais Dédé est courageux. Je fais ma coupure sur la grande autoroute de Turin, c’est là que mon collègue M m’ appelle pour prendre des news, nous devons échanger nos remorques. Lui file au Mont Blanc, moi au Fréjus, rendez vous demain de l’autre coté des Alpes. J’arrive à tirer jusqu’à la pompe coté français, il y a un parking pour la nuit juste à coté.

Je calcule ma conso: 34,5 l/100 km sur cette boucle de 1500 km avec pas mal de montagne, « pied dedans » tout du long, j’ estime que c’est tout à fait honorable…

20 h, une soupe et au lit!

samedi 13 septembre:

5 h nous partons, Dédé et moi, sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller le parking endormi. La pluie fait vite sont arrivée, quelle tristesse! Court arrêt à 7 h l’entrée de Lyon pour prendre le frais, retirer de l’argent de poche et prendre un café au bar. Là encore tout le parking est plongé dans le silence, ça sent l’ hiver. 8 h 45 mon collègue me fait signe qu’il démarre de Bourg, je l’attendrai à Chalon. A la station je décroche tranquillement et fait mon plein d’ additif. Le chauffeur d’un camion belge vient tailler la bavette, bien sympathique, en fait il est du coin et termine également sa semaine sans stress. Mon collègue arrive, rebavardage autour de nos tracteurs neufs, on échange des trucs et astuces. Je finis par arriver au parking à 11h.

Grosse semaine, 3520km parcourus. Fatiguée mais heureuse…




Semaine 36: Reprise et surprise!

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Aidez  moi à lui trouver un surnom! 

Lundi 1er septembre:
C’est à 4 h que mon bon vieux réveil me montre qu’il n’est pas mort. Je l’ignore pour sursauter à 5 h. Ca commence fort…

45 minutes de marathon pour ne pas louper le train, en précisant que j’habite à 15 km de la gare. J’ai le temps d’avaler un café lors de ma correspondance à Dijon, histoire d’être un peu plus fraiche à bord du TGV, dans lequel je retrouve 3 collègues. Pas de panique au changement de gare àParis malgrés la cohue de ce jour de rentrée.

11h Arras, c’est le patron qui est venu nous chercher. On se tasse dans la belle Mercedes. Pour bien commencer il nous annonce que nous mangeons ensemble à midi, sympathique. Deux collègues sont impatients d’aller trouver leurs tracteurs tout neufs (les anciens sont partis en retraite). J’ apprends que mon Gros (mon camion habituel, c’est son surnom) est bien mal point: dépression nerveuse, ses neurones sont en vrac, il est sur le billard. Bref, j’ hériterai d’un camion de rechange. Devant ma mine déconfite de vivre dans les puces d’un autre, les collègues sont moqueurs.

Arrivéeau garage je tourne en rond dans l’ attente de savoir ou jeter mon gros sac, la mort dans l’âme. On a pris soin de me déposer le barda qui était resté dans mon Gros: 3 immenses cartons. Puis on finit par me désigner « celui qui est au fond ». Mais?? C’est un camion neuf !! On a voulu me faire une surprise, elle est de taille! Bien sur je suis heureuse mais en reste bouche bée. Je monte mon sac et mes cartons que je déballe vraiment vite fait, je préfère ranger ça plus tard. Avec le mécano je range tout le lot de bord (petit outillage, sangles, etc), il en profite pour me montrer deux ou trois choses. Puis viennent les explications plus techniques, on est passé à l’heure du tout automatique: plus de levier de vitesse, plus de pédale d’embrayage. Cela ne me perturbe pas trop pour avoir déjà conduit avec un système similaire il y a quelques temps.

16 h, il est temps d’aller prendre une remorque, la manoeuvre d’ accroche se fait au pas, il faudra se faire de nouveaux repères. On me donne un premier enlèvement de marchandise à faire sur Dunkerque ce soir même, pas de temps perdu. En une dizaine de km je prends l’engin vraiment en main: c’est tellement facile à manipuler. Je suis juste un peu paumée à cause des rétros, leur forme est bizarre, et il y en a 2 supplémentaires, c’est le palais glaces. Je m’ éclate comme une folle sur la route, je suis trop heureuse sans trop réaliser. Je prends mon chargement à Dunkerque puis redescends sur Lille vers 21 h.

Encore trop excitée pour dormir je range et organise mes affaires dans les multiples coffres, tout en découvrant les trucs et astuces de cette si grande cabine. Et il y a de quoi s’y perdre, croyez moi! J’ai du mal à faire mon lit tellement la couchette est haute. Je flane un moment sur le siège passager, qui est tout au fond de la cabine, sur la couchette inférieure en quelques sortes. La vue du volume intérieur y est impressionnant, j’ai encore de la peine à y croire.

Puis je pense à Greg, mon ami que je dois emmener prochainement: le pauvre, il va se sentir mis au coin.

Je m’en vais dormir vers minuit, fatiguée mais hureuse!

Mardi 2 septembre:

Debout à 7 h , pas facile de retrouver mes affaires dans tout ces coffres. Je file à la douche de la station service, ptit déjeuner au bar et en route. Première ramasse sur Lille puis je file à Cambrai compléter avant midi.

Sur la descente je suis concentrée sur la boite à vitesse qui commence à me montrer quelques secrets. Je sens que ça va me plaire, juste en jouant avec l’ accélérateur je fais passer les vitesses au moment ou je le désire, en me servant de la gestion automatique. Encore un peu d’ entrainement et je vais me régaler. Chargée à 40 tonnes j’ai une meilleure sensation de conduite même si j’ ai perdu 30 ch par rapport à la version précédente. Aprés une pause café entre St Quentin et Laon, le second arrêt légal à lieu à Reims.  Puis je continue mon temps de conduite jusqu’à la maison, soit  9 h au total. Cela me permettra de ramener quelques bricoles dont de quoi remplir le frigo et être autonome.
Mercredi 3 septembre:

J’ apprécie toujours de passer une nuit à la maison, néanmoins je pars de bonne heure afin de livrer au nord de Lyon en début de matinée. Je rame à sortir de chez le client en marche arrière dans une cote. Par chance il n’y a personne et rien à casser.

Direction Grenoble pour poser quelques colis avant midi d’une part, et des palettes aprés la pause déjeuner d’autre part. La réception pour mes palettes n’est ouverte qu’en matinée, je ne pouvais pas le deviner avat d’arriver devant la porte. Cependant un gardien me répond, en m’excusant poliement, je la joue « gentil aimable », ça marche car je n’ai pas grand chose à déballer. Non, tout les réceptionnaires de magasin ne sont pas bornés.

14 h 30 il faut filer vers le Tunnel du Fréjus. Arrêt à la pompe, celle d’aditif adblue ne marche pas, cela m’ énerve un peu car je ne pas connais pas mon autonomie avec ce nouveau produit. Si besoin j’ achéterai un bidon dans une station.

Café dans la descente italienne, je fais le calcul de mes heures de conduite en consultant le chrono numérique. Peu pratique la manip, alors que ça pourrait être bien plus simple si c’était mieux étudié.

Je tire jusque pas très loin de Piacenza, sur un grand refuge d’autoroute. Je m’installe confortablement dans mon coin salon pour casser la croute et rêvasse, ce camion est trop bien agencé, il me plait pour son espace. Je commence simplement à réaliser les choses.
Je m’endors comme un loir, demain est une grande journée.

Jeudi 04 septembre

A 5 h j’ai décollé, et file toute fière sur Bologne afin de déposer une bobine. Il faut faire pas mal de manoeuvres dans l’usine, je peine un peu à doser l’accélération de la marche arrière, surtout ne pas s’ ennerver et faire ça en douceur. A la suite de ça j’ai encore le temps de faire une ramasse dans la région. Je barde de sangles deux grosses pièces métalliques, pas question que ça bouge. Je recule dans le fond de l’impasse qui est ombragée pour manger un bout.

Puis je remonte sur Reggio Emilia prendre mon second lot. Je m’embrouille un peu avec le cariste qui n’a pas pigé la manière dont je voulais être chargée, c’est le chef qui vient nous aider à nous comprendre. 16 h je commence à remonter sur Turin ou un changement de remorque est prévu avec un collègue.  Finallement on verra ça demain matin en France pour ne pas perdre de temps. Je trace bon an mal an jusqu’au Gran Bosco, au pied de la rampe d’ accés du tunnel du Fréjus. Il pleut, je suis crevée. Mais je vais rentrer de bonne heure demain quoi qu’il arrive.

Vendredi 05 septembre

En marche à 5 h 15, je ne traine pas en route. Le plein d’ adblue me fait encore criser, cette fois il y a une fuite au tuyau et j’en mets pas mal à coté du réservoir. Coté gasoil je prends la douche à cause du système anti siphonnage, je suis bonne pour me changer.

Rendez vous est pris avec mon collègue sur Tournus vers 10h, j’ai bien du mal à ne pas le mettre en retard. Ne me reste plus qu’à rentrer, j’en profite pour passer au laver. Non pas que mon tracteur le réclame, c’est surtout pour la remorque. Les laveurs me charient un peu à la vue du camion flambant neuf, je fais le chauffeur grincheux en examinant leur boulot dans tout les coins. Vengeance…

14h je suis garée, une petite série de photos et à la maison.




Bientôt la reprise

30082008

Toutes les bonnes choses ont une fin, les sacros saintes vancances se terminent paisiblement. Comme les écoliers qui préparent en vitesse leur cartable, partagés entre l’enthousiasme de retrouver les copains et l’angoisse de quitter le doux cocon de la maison qui vie encore à l’heure de l’été,  il est l’heure de préparer mon gros sac.  Adieu la réverie des vacances, les horaires trés aléatoires, une certaine douceur de vivre. Mais non ce n’est pas fini, il reste deux jours à profiter pleinement, cependant il faut tout de même penser à la reprise.

Mon billet de train pris hier trône sur le buffet, avec une autre poignée de documents à ne pas oublier. Le sac à demi bouclé contient mes vétements de travail soigneusements pliés, quelques bricoles vitales, pour le voyage en train il ne faut pas trop s’encombrer. Dans le camion est resté le principal, j’ espère pouvoir repasser en semaine à la maison prendre le reste, sinon ce sera pour le week end prochain.

L’ état d’esprit est confiant, le travail n’ étant en quelques sorte qu’une routine, mais lorsque celui ci demande autant d’investissement personnel, peut on parler de routine? Il y a toujours un pincement à l’estomac à chaque départ, car c’est toujours l’imprévu qui m’ attend.

J’y retourne, pour que tout soit en ordre lundi matin…

 

 

 

 

 




Pourquoi?

23082008

Ce blog pour faire découvrir un métier, une passion, un état d’esprit.

Au jour le jour, de semaine en semaine, suivez mes parcours, mes voyages, les difficultés mais aussi les fous rire.

Trop souvent en proie à la critique, mon métier de chauffeur routier a de multiples facettes, autant sociales que privées.  A tout instant il faut gérer une multitude de choses, l’imprévu étant toujours au coin de la rue…




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22082008

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